Êtes-vous polis? Je veux dire, dans la vie de tous les jours, observez-vous les règles de bienséance et de courtoise que nous dicte la vie en société? Du genre ralentir en voiture pour laisser traverser un piéton, ne pas interrompre votre interlocuteur quand il parle, céder votre siège à une personne âgée dans l’autobus, respecter les opinions qui diffèrent des vôtres? En observant l’espèce humaine en action, je dirais que ces petites règles de base ne sont pas innées. Et soyons honnêtes, on fait tous entorse aux bonnes manières à un moment ou l’autre dans notre vie, bien qu’en général, on essaie de bien faire.

Maintenant, si on s’efforce d’être poli et courtois dans la vie de tous les jours, on fait quoi de ces beaux principes sur le web?

Est-ce qu’en 2.0, la bienséance est tendance?

Dans un monde idéal, notre comportement en ligne devrait être tout aussi irréprochable que dans la réalité. Mais quiconque étant le moindrement actif sur Internet pourra en témoigner : la magie du web opère un peu trop pour certains alors que leurs bonnes manières disparaissent rapidement une fois qu’ils sont bien installés devant leur écran.

Savez-vous qu’il existe un mot qui définit le concept de code de bonne conduite en ligne?

J’ai nommé : la nétiquette!

L’Office québécois de la langue française définit la nétiquette comme suit : “Ensemble des conventions de bienséance régissant le comportement des internautes dans le réseau, notamment lors des échanges dans les forums ou par courrier électronique.”

La nétiquette s’applique partout en ligne! Les blogues, les forums, les courriels, le clavardage et bien sûr, les médias sociaux. Vos communications n’en seront que plus efficaces et harmonieuses. Si vous voulez en savoir plus sur le sujet et son application dans le concret, (particulièrement concernant les communications par courriel), je vous suggère ce billet de blogue de François Charron.

De mon côté, j’ai choisi de remonter à la source et de sortir le b.a.-ba de la politesse en ligne, à mon humble avis.

1. Proscrire les majuscules

Les messages écrits en lettres majuscules sont considérés comme étant criés. Et non, la promotion ne justifie pas l’usage des grosses lettres. Privilégiez donc les minuscules, vos publications n’en seront que plus agréables à lire et vos lecteurs vous trouveront beaucoup plus stable émotionnellement parlant.

Lisez ce message en imaginant le crier… Drôle et surtout très bizarre!

2. Soigner votre orthographe

Les médias sociaux et le web en général nous amènent à communiquer davantage par écrit. Oui, la langue française est remplie de pièges, mais plusieurs outils existent afin de se contre vérifier. Attention à l’usage du participe passé versus l’infinitif, à l’accord en genre et en nombre, aux homonymes, etc.  Votre discours et la façon dont vous écrivez influencent la perception de vos lecteurs. Comprenons-nous bien, il arrive à tous de faire des erreurs et on peut toujours se corriger, mais dans le cas d’une entreprise ou d’une personnalité publique, cela peut faire un peu plus mal…

Le jour des élections, François Legault  y va d’un tweet sur l’éducation… avec une faute d’accord de participe passé. Les réponses n’ont pas tardé. (Tiré du site Politwitter)

   

3. Choisir le ton et le niveau de langage approprié

Ce n’est pas parce que l’on écrit sur un ordinateur que ce n’est pas une personne bien réelle qui nous lira. Et ce n’est pas parce que l’on s’adresse à une personne en particulier que plusieurs autres ne liront pas nos propos. Autrement dit, faites attention à ce que vous écrivez. Même si vous êtes mécontents d’une situation, que vous désirez des explications ou une solution, rien ne justifie d’en venir aux gros mots. Avec les médias sociaux, les profils d’entreprises en ligne deviennent un canal ouvert pour les plaintes et critiques et on en voit parfois de toutes les couleurs. Votre message n’a pas moins d’impact s’il est bien rédigé et sans grossièretés.

Une cliente mécontente qui s’exprime bien malgré la situation

Un client mécontent qui a oublié ses bonnes manières

4. Éviter les sujets épineux

Ce sont les mêmes sur le web que dans la vie de tous les jours : l’argent, la religion, la politique, etc. Non pas que ces sujets ne soient pas intéressants, loin de là. Mais les discussions sur ces thèmes ouvrent la porte à beaucoup de confrontations, même avec ceux qui sont nos amis proches. Au Québec, la récente campagne électorale a donné lieu à des échanges musclés sur les médias sociaux, vous en avez probablement été témoins: libéraux versus péquistes, anglophones versus francophones, etc. Pour les médias, les entreprises et même les individus, se positionner devient risqué : les esprits s’échauffent, les arguments laissent place à l’interprétation, les autres renchérissent sur vos propos et les réactions s’enchaînent sans que vous ne puissiez plus rien contrôler.

La page Facebook Montreal by MontrealOfficial a publié hier soir un montage très douteux de Pauline Marois en Hitler. En 24 heures, la photo a suscité 1173 commentaires et plusieurs médias ont dénoncé la publication, avec raison.

5. Agir comme dans le monde réel

Dans la vie de tous les jours, si je vous rencontre en personne, allez-vous m’aborder en criant, en jurant? Allez-vous essayer de me vendre un produit si je vous pose une simple question? Allez-vous dénigrer mon opinion parce que je ne pense pas comme vous? Si c’est le cas, ça pourrait provoquer certains malaises, non? La fausse impression d’anonymat que procure le web est une illusion.  On y interagit entre personnes, la communication est bien réelle. Ce n’est pas toujours facile, mais personnellement, j’essaie d’agir en ligne comme je le ferais dans la vraie vie. Les gens avec qui j’échange sont souvent des personnes que je connais de près ou de loin, je risque de les croiser à un moment donné. Je préfère donc que ma e-réputation demeure intacte.

En terminant, un conseil plein de bon sens:

« Si vous ne connaissez pas les bonnes manières, priez pour avoir de bons réflexes… »  Billy Crystal (acteur)

Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenus! 😉

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Assistant(e) en communication-marketing